Marvell et son smartbook qui se prenait pour un ultraportable

Marvell et son smartbook qui se prenait pour un ultraportable

Je vais vous raconter l’histoire d’un smartbook Marvell (rien à voir avec Spiderman) qui voulait devenir un ultra portable. Ce jeune smartbook n’était encore qu’un design industriel. Il rêvait (et rêve encore) de trouver une grande marque qui voudrait bien le prendre sous son aile et faire de lui une star. Le jeune talent décida de s’afficher au CES 2010, afin d’épater les éventuelles recruteurs. Cependant, il voulait se distinguer des autres, faire mieux que ses amis d’enfances smartbookiens dépassant rarement les 10″. Il voulait se mesurer aux meilleurs et se battre dans la catégorie des ultra portables. Alors ils s’entraîna durement jusqu’à ce que son écran mesure 12,1″. Mais Marvy était à moitié ravis. Si le pauvre avait grandi en taille, ses origines smartbookiennes l’empêchaient de dépasser les 2 cm d’épaisseur que ses héros, les ultraportables, surpassaient la plupart du temps. Ses bords, écran compris, mesurait à peine 1,3cm.

Marvy avait des parents formidables qui lui offrirent l’un des meilleurs chipset de la famille Marvell : le Armada 510. Et c’est ce qui donnait confiance à Marvy. Grâce à ce dernier, il se sentait différent de ses petits camarades ARM. Ce CPU fonctionnait avec une architecture unique du nom de Sheeva. Construite dans le but d’allier mobilité et puissance, cette architecture permettait à Marvy de réfléchir jusqu’à 1,2Ghz, sans pour autant qu’il se donne mal à tête ou s’évanouisse trop vite. Il pouvait aussi décoder facilement des vidéos 1080p grâce sa technologie Qdeo. Cela allait parfaitement bien sur son écran 12,1 qu’il pouvait illuminer d’une résolution de 1280x720p. Malgré sa différence, le Sheeva de Marvy comprenait très bien les binaires que lisaient ses petits camarades d’école car il était compatible avec les instructions ARM, permettant à Marvy de lancer Ubuntu Jackalope 9.04, et profiter d’une vaste logithèque linuxienne. Le Armada 510 s’adaptait également à un large panel de protocoles I/O : DDR2, DDR3, PCIe, Gigabit Ethernet, USB 2.0 etc.



Pour le CES, Marvy s’était habillé comme l’un de ses héros, le Dell Adamo, mais le pauvre était tellement maigre qu’il devait placer ses ports USB à l’arrière. Son écran tournait autour d’un demi cylindre sur lequel était placées ses LED bleutées. A l’arrière, la base de Marvy dépassait de quelques centimètre, de quoi loger 2 enceintes et peut être une batterie lui permettant de durer 4h d’après son agent. Sa tranche accueillait tout juste des ports entrée/sortie audio classiques ainsi qu’une sortie HDMI. En ce sens, il pouvait inquiéter ses héros. Mais les origines smartbookiennes de Marvy finirent par vite le rattraper. Aujourd’hui, son agent se vente de pouvoir le construire pour environs 130$, et le vendre à un prix de 200$, ce qui parait ridicule en comparaison avec ses héros ultraportables estimés le plus souvent pour un minimum de 599$. Marvy est même menacé d’être vulgairement vendu à 1$ en plus d’un abonnement 3G. Pour enfoncer le clou, Marvy vient d’apprendre qu’il ne pourra jamais lancer Windows. Il a le coeur brisé. Il sait désormais qu’il ne pourra jamais rivaliser avec ses héros saturés par les binaires du 7, alourdis par des batteries 6 cellules, épaissis par des disques dur SATA mécaniques et des ventilateurs bruyants. Marvy ne sera jamais un ultra-portable comme les autres. Par contre, il fera un très bon smartbook.

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